Arts et littératures en mouvement
de grandes marées
gonflent
mes entrailles
les écumes
éclaboussent
mon âme
amertume
au goût de sel
on se soutient désastre après désastre
quoiqu’il advienne on n’a jamais les armes
sur le cadran l’éternité retarde
on naît poussière et on existe grâce
1. François Bon, en parlant de l’enseignement d’une méthode pour des ateliers d’écriture développés dans différents secteurs sociaux, met en avant leur dimension éthique. Pendant un atelier, « [n]ous assumons collectivement la responsabilité que les mots ne soient pas un amusement séparé du monde, mais portent une charge d’être vitale » (Bon 2000, p. 19). En explorant la puissance du langage, on se distancie de soi, on cerne en nous-même un « être », « ce qui va nous guider » (Idem) dans la création. S’il y a un acte créateur, il y a une personne. On crée au nom de cette personne. On assume nos actes et la « mise en mouvement de l’être dans ce qu’il dit et par ce qu’il dit » (Idem).
J’aimerais commencer par vous avertir que l’auteure de la présente critique – moi, tiens – voue une haine sans mesure au roman dont il sera question. J’ai eu la fort mauvaise idée de l’intégrer dans mon corpus de maîtrise, et si après la première lecture je soupirais déjà de découragement, ben rendue à la sixième, je balançais entre rage suffocante et désespoir absolu.
Regarde autour de toi,
ces pâles reflets de la vie,
qui éclatent en de milliers de particules.
Moi,
j’en veux toujours plus.